Présentation des oeuvres de Jean Giraudoux

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Electre

Electre (2003)
Edition conseillée : Grasset, Livre de poche

ÉLECTRE (1937)
 
« Égisthe ? Il est des vérités qui peuvent tuer un peuple, Électre.
Électre ? Il est des regards de peuple mort qui pour toujours étincellent »
 
C?est à l?occasion de l?Exposition Universelle que Louis Jouvet monta, le 13 mai 1937, la version giralducienne de la tragédie d?Électre. Ou plutôt ne faut-il pas dire, avec Gérard Genette, que Giraudoux a écrit pour Jouvet la première tragédie véritable dans l?histoire de ce sujet ? Il a osé en effet deux innovations qui changent tout : Électre ne sait pas qu?Agamemnon a été assassiné, ni que Clytemnestre a un amant ; elle hait donc la reine sa mère et le régent Égisthe d?une haine sans cause, c?est une « femme à histoires ». Égisthe n?est plus le tyran veule et cruel des Anciens, mais un homme d?Ếtat ; même, au début du second acte, le roi se déclare en lui, et il ne songe plus qu?à organiser la défense de sa patrie contre les Corinthiens, qui ont envahi soudainement Argos. Mais au moment même où il a été « sacré », Électre a découvert la vérité : elle réclame que justice soit faite, dût Argos périr. Leur face à face constitue le sommet de la pièce : deux ordres de valeurs s?affrontent, dont les représentants respirent à la même hauteur, et qui pourtant sont inconciliables. Au spectateur de trancher, s?il le peut, éclairé par l?aurore finale, quand « tout est saccagé et que l?air pourtant se respire »...